2025 : l’année du grand écart

Je souhaite une très bonne année 2026 à tous les utilisateurs du site et de son blog, avec plein de projets pertinents et un optimisme qui ne doit pas faiblir pour contrer les vents du backlash climatique. A propos de backlash, je reproduis cette chronique de nouvel an que publie aujourd’hui le journal Les Echos.

2025, l’année du backlash climatique ? Une vision déprimante, mais trop partielle. En 2025, un profond rééquilibrage a été amorcé entre le Nord, qui a rétropédalé sur la scène climatique internationale, et le Sud, qui a accéléré. C’est un changement de décor qui va durablement impacter la lutte contre le réchauffement planétaire.

Démantèlement des soutiens aux renouvelables et à la mobilité électrique, relance des énergies fossiles, sortie de l’accord de Paris, torpillage de la régulation de l’Organisation maritime internationale sur la décarbonation… L’ampleur du backlash de l’Amérique trumpienne n’a pas tardé à produire ses effets. Les émissions de CO₂ des États-Unis sont reparties en hausse l’an passé (+2 %).

Mais plus l’Amérique trumpienne rétropédalait, plus la Chine et les pays émergents accéléraient. Les investissements chinois dans les infrastructures énergétiques et la mobilité électrique ont atteint, en 2025, des montants inégalés. Le pays est en train de franchir son pic d’émissions, la question centrale portant désormais sur le rythme de leur décrue, une fois ce pic franchi. Simultanément, la Chine a compensé la fermeture du marché américain par un redéploiement géographique des ventes de biens d’équipement de la transition énergétique, dont elle est le leader incontesté.

D’où la vague d’investissements bas carbone dans les économies émergentes d’Asie. Des pays aussi différents que l’Inde, le Pakistan, l’Indonésie et l’ensemble des économies du Sud-Est asiatique accroissent massivement leurs capacités de production d’électricité renouvelable. La mobilité électrique décolle, souvent à un rythme bien plus rapide qu’en Europe, comme au Viêt Nam ou en Thaïlande, où l’on vend déjà, en proportion, plus de voitures électriques que sur le Vieux Continent.

Renoncements européens

Et l’Europe ? Une partie de sa classe politique n’est pas insensible aux vents du backlash qui soufflent depuis l’autre rive de l’Atlantique. En témoignent les reculs européens sur la transition agricole et les voitures électriques observés l’an passé. Dans les forums internationaux, l’Union européenne est devenue inaudible. À la COP de Belém, elle s’est montrée incapable d’occuper le vide laissé par la défection américaine.

Ces renoncements européens ne sont pas seulement coûteux pour le climat. Ils risquent d’obérer notre compétitivité industrielle si notre appareil productif n’anticipe pas les normes de demain. Tenir le cap de la transition bas carbone est aussi affaire de souveraineté économique. En 2025, l’Union européenne a dépensé quelque 400 milliards de dollars pour importer de l’énergie fossile, une énergie à laquelle nous pouvons désormais substituer celle captée dans les flux solaires et éoliens, qui, eux, ne peuvent pas être menacés de droits de douane ou de toute autre représaille commerciale.

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