
Dans le pénible débat qui a tant retardé la publication (désormais imminente ?) de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE3), un argument est revenu en boucle : la France n’aurait pas besoin de capacités électriques nouvelles car sa consommation fléchit.
Ce faisant, les partisans du ralentissement ou du moratoire sur les énergies renouvelables ont appliqué la pire des méthodes pour anticiper le futur : la stratégie du rétroviseur consistant à projeter dans le futur les figures observées dans le passé.
Partout : l’électrification des usages
Le rapport Electricity 2026 de l’Agence Internationale de l’Energie devrait remettre les idées en place. Oui, la consommation d’électricité en Europe à stagné durant la dernière décennie, et c’est une mauvaise nouvelle qui traduit la lenteur de l’adaptation de ses capacités de production. Non, cette tendance, déjà infléchie en 2025, ne peut en aucun cas servir de base à la projection de nos besoins en électron de demain. Ces besoins vont croître, comme partout ailleurs dans le monde, du fait de son usage croissant, dans les bâtiments (data centers inclus), l’industrie et les transports.
Recul très limité des émissions de CO2
Malgré cette électrification rapide des usages, rendue possible par l’exceptionnelle dynamique de l’offre solaire et éolienne et du stockage par batterie, la baisse attendue des émissions de CO2 du secteur électrique risque d’être bien trop lente d’ici 2030 pour nous mettre sur une trajectoire compatible avec les objectifs de l’accord de Paris.

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