C… Comme COP

Climat, biodiversité, Désertification : trois enceintes de négociation onusiennes

  • COP (Conference of the Parties) : « terme générique qui désigne l’organe de décision de certaines conventions internationales. Lors d’une COP, les États signataires de la convention (les États parties) se réunissent pour dresser le bilan de l’application de la convention et fixer de nouveaux objectifs. » (Site Vie Publique)
  • COP-climat : « Organe suprême de la présente Convention, la Conférence des Parties fait régulièrement le point de l’application de la Convention et de tous autres instruments juridiques connexes qu’elle pourrait adopter » (Article 7 de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques de 1992).

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Les COP sont souvent associées aux rendez-vous annuels sur le climat. Chacun a souvenir de la COP21 qui a vu en 2015 l’adoption de l’accord de Paris. Il y a pourtant autant de COP que de traités onusiens sur l’environnement. Acronymes de « Conference of the Parties« , elles en sont les organes de décision.

En 2024, les trois COP ont été convoquées : la 16e édition de la COP sur la biodiversité, en Colombie, la COP29 sur le climat en Azerbaïdjan et la COP16 sur la désertification en Arabie Saoudite .

Une origine commune : le sommet de Rio de 1992

En 1992, se tient à Rio le sommet de la Terre, sous l’égide des Nations-Unies. Au terme du sommet, les conventions climat et biodiversité sont adoptées. Celle sur la désertification, discutée pendant le sommet, le sera deux ans après à Paris.

Ces trois conventions sont entrées en vigueur durant la décennie 1990, après ratification par un nombre suffisant de pays. Aujourd’hui, elles lient tous les pays du monde, avec une exception de taille : les Etats-Unis n’ont jamais ratifié la convention sur la biodiversité.

La COP climat se réunit tous les ans. C’est pourquoi on en est déjà à la COP29. On a juste pris un an de retard en 2020, pour cause de confinement. Sur la désertification et la biodiversité, on n’en est qu’à la COP16 car l’organe souverain de la convention ne se réunit que tous les deux ans.

Des conventions avec des grands principes, c’est bien. Mais cela ne fait guère bouger les choses. C’est pourquoi ces conventions sont complétés par des textes d’application. Les deux principaux textes d’application de la Convention climat sont bien connus. Il s’agit du Protocole de Kyoto, adopté en 1997 à la COP3, auquel a succédé l’Accord de Paris adopté lors de la COP21 en 2015.

En matière de biodiversité, le « Pacte de Kumming-Montréal » a été adopté en 2022 à la COP25 tenue au Canada sous présidence chinoise. Ce pacte prévoit notamment de porter les aires protégées à 30% de la surface totale d’ici 2035 et de porter les financements internationaux à 20 puis 30 milliards de dollars par an pour aider les pays du Sud à freiner l’érosion de leur biodiversité. C’est le principal texte d’application de la convention biodiversité.

Des interdépendances multiples

Les trois problématiques des conventions de 1992 sont interdépendantes. Le réchauffement climatique accélère la désertification en accroissant la température et le stress hydrique dans la grande majorité des zones semi-arides. Il pèse également sur la diversité du vivant. Dans le cas des coraux, le phénomène est spectaculaire. Mais le mouvement est plus général : la capacité d’adaptation des espèces vivantes au changement climatique est limitée. Certaines souffrent et peuvent péricliter. D’autres tentent de migrer vers les pôles, ce qui fragilise nombre d’écosystèmes.

Atteindre la neutralité climat, comme le vise l’Accord de Paris, pour stabiliser la hausse du thermomètre faciliterait donc la tâche des conventions sur la biodiversité et la désertification.

Cela joue aussi dans l’autre sens. On lutte contre l’extension des déserts en plantant des arbres et en favorisant l’agroécologie. Cela permet d’absorber du CO2 de l’atmosphère pour le stocker dans les plantes et les sols. L’IPBS, le GIEC de la biodiversité, a identifié les principales causes d’extinction de la biodiversité. L’extension de pratiques agricoles dégradant le milieu naturel au détriment des forêts et des zones humides et la surpêche en mer figurent en pole position. Lutter contre ces pratiques renforce également les puits de carbone qui absorbent le CO2 de l’atmosphère. C’est bon pour le climat.

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Pour aller plus loin :
  • Site de la convention climat : ICI
  • Site de la convention biodiversité : ICI
  • Site de la convention désertification : ICI

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