Transition énergétique : faut-il tout subventionner

Il y a urgence à supprimer les subventions aux énergies fossiles. Faut-il pour autant multiplier les subventions « vertes » ? C’est la question posée dans ma chronique des Echos du jour. L’argent public doit être ciblé sur les usages prioritaires : accompagnement social des reconversions, recherche & développement, infrastructures collectives.

Vous pouvez lire l’article sur le site si vous êtes abonné. Pour ceux qui ne le sont pas, le texte du billet est reproduit ci-dessous :

 » D’après le « budget vert » annexé à la loi de finance, les subventions aux énergies fossiles avoisinent 10 milliards d’euros. Pour accélérer la transition énergétique bas carbone, il y a urgence à éliminer ces prix négatifs du carbone.  Faut-il pour autant accumuler les subventions vertes, ces promesses d’une société décarbonée ?

Une partie croissante de ces subventions vertes cible l’usage d’énergie décarbonée ou d’équipements économisant l’énergie. Chaudière à bois, voiture électrique, panneau photovoltaïque, fenêtre triple vitrage, isolation des bâtiments, ces subventions se sont multipliées. Malgré leur popularité, elles constituent une mauvaise utilisation, voire un gaspillage, de l’argent public.

Socialement, elles font de l’anti-redistribution. Elles sont majoritairement versées à la partie aisée de la population qui a les moyens d’investir dans le bas carbone et ne manquera pas de le faire si un prix du carbone renchérit suffisamment les énergies fossiles. Economiquement, elles ratent souvent leur cible en profitant bien plus aux vendeurs d’équipement qui encaissent le jackpot qu’aux acheteurs.

La logique économique comme l’équité sociale devraient conduire à reconvertir ces subventions au profit de deux usages clefs pour la transition bas carbone : le financement des reconversion afin que le désinvestissement des énergies fossiles qu’il faut opérer ne multiplie pas la casse sociale ; celui de l’investissement encore très insuffisant dans la recherche & développement et les infrastructures de réseau.

Dans le plan hydrogène auquel le gouvernement prévoit d’affecter 8 milliards, il conviendrait par exemple d’économiser les dépenses prévues pour rentabiliser l’utilisation d’hydrogène vert. Cela permettrait de mettre plus sur la mise au point et le développement des hydrolyseurs verts et autres technologies clefs. Et si l’hydrogène vert n’est pas rentable ? C’est que le prix de la tonne de CO2, actuellement un peu supérieur à 60 € sur le marché des quotas, n’a pas été suffisamment relevé.  »

Paru dans Les Echos, 21-09-2021

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