
Le réchauffement planétaire est mesuré à partir d’un indicateur moyen, calculé chaque année par par l’Organisation Météorologique Mondiale, à partir de 9 bases de données. Cet indicateur est utilisé dans la négociation climatique. Dans l’Accord de Paris, il sert d’étalon pour fixer l’objectif de limitation de la hausse du thermomètre « bien en dessous de 2°C » relativement à l’ère préindustrielle.
Cependant, le réchauffement moyen est loin d’être uniforme. Il est plus rapide sur terre qu’à la surface de l’océan. Il diffère également d’un continent à l’autre. Le dernier rapport de Copernicus, le système d’observation européen, sur l’état du climat en 2025 compare la vitesse du réchauffement en Europe à celle des autres continents.
L’Europe est le continent qui réchauffe le plus vite
Sur les trente dernières années (1996/2025), le thermomètre a pris 0,56°C par décade en Europe. C’est deux fois plus rapide que le réchauffement à la surface du globe (+0,26° C par décade).
Comme l’océan réchauffe nettement plus lentement que les continents, à l’exception notable de l’océan arctique, il est préférable de comparer la vitesse du réchauffement européen à celle des autres continents :
- Sur terre, Copernicus estime la vitesse du réchauffement à 0,40° C par décade sur les trois dernières décennies. Le réchauffement de l’Europe a donc été 1,4 fois plus rapide que la moyenne observée sur l’ensemble des continents ;
- Sur la même période, le réchauffement est estimé à 0,46°C par décade en Asie et à 0,42° C en Amérique du nord. L’Europe réchauffe dont plus rapidement, mais l’écart est relativement faible ;
- En revanche, l’Europe réchauffe nettement plus rapidement que les continents situés partiellement ou totalement dans l’hémisphère sud : 1,6 fois plus que l’Afrique (+0,36°C), deux fois plus vite que l’Amérique centrale et du sud (+0,27°C) et même 2,4 fois plus rapidement que l’Australie et les Iles Pacifique (+0,23°C).

Comment s’expliquent les écarts ?
Au delà du constat, Copernicus identifie quatre paramètres qui ont contribué à un réchauffement plus rapide en Europe qu’ailleurs :
- Les modifications de la circulation atmosphérique qui ont contribué, plus qu’ailleurs, à la fréquence et à l’intensité des vagues de chaleur ;
- La réduction des rejets d’aérosols, nocifs pour l’environnement et la santé (cf. le problème des pluies acides), mais qui freinent le réchauffement en réfléchissant une partie des rayons solaires pénétrant dans l’atmosphère ;
- La diminution de la couche neigeuse, très marquée en Europe orientale et dans les Alpes, qui réduit l’albedo ce qui accélère le réchauffement dans dans ces zones ;
- La proximité de l’Arctique, qui explique le réchauffement très rapide des aires situées à proximité ou à l’intérieur de cette zone.
Sur l’Ile du Svalbard, située à peu près à mi-chemin entre la Norvège et le pôle nord, le réchauffement a dépassé 1,5°C par décade durant les trois dernières décennies. C’est l’une des zones habitées de la planète où le réchauffement a été le plus rapide.
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Précision sémantique : que faut-il entendre par « Europe » ?
Les tendances calculées sur 30 ans mentionnées ci-dessus concernent l’Europe au sens du système d’observation Copernicus qui couvre les aires du continent dans une définition un peu plus étroite que celle retenue par l’OMM qui intègre en plus le Groenland, le Svalbard et une partie de la Russie et des pays caucasiens (voir l’illustration ci-dessous). De ce fait, le réchauffement européen mesuré par l’OMM est légèrement plus rapide que celui mesuré par Copernicus.

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