Les émissions de GES au premier trimestre

D’après le baromètre du CITEPA, les émissions de gaz à effet de serre ont reculé de 4,8% au premier trimestre. C’est nettement plus rapide que la baisse de 2,1% observée en 2025, et proche du rythme d’un peu plus de 5% qu’il faudrait tenir d’ici 2030 pour respecter nos engagements climatiques.

Enfin une bonne nouvelle pour le climat ? Ce résultat tient beaucoup aux aléas de la météo, mais recouvre des évolutions positives dans l’industrie et les transports.

Bâtiments : double impact de la météo

Sur les trois premiers mois de l’année, les émissions liées au chauffage des bâtiments sont en baisse de plus de 10%. Pour l’essentiel cela reflète la conjonction d’un double effet météorologique : en 2026, les mois de février et de mars ont été particulièrement doux ; les trois premiers mois de 2025 auxquels on se compare avaient au-contraire été très froids (entrainant alors des hausses d’émission de plus de 5% relativement au premier trimestre 2024).

En retirant les émissions liées à l’usage des bâtiments et au chauffage urbain, la baisse des émissions n’aurait été que de 3,1 % sur le premier trimestre 2025. Mieux que la tendance historiques de -2% par an observé depuis 2005, mais encore bien insuffisant pour nous mettre la bonne trajectoire.

Focus sur les émissions liées à la climatisation : 0,5% du total national

Puisqu’on est dans les impacts de la météo, examinons des données relatives à l’usage des climatiseurs. Pas celles du premier trimestre, période creuse de leur utilisation, mais sur l’ensemble de l’année 2025.

D’après l’inventaire national, les émissions directement imputables aux climatiseurs ont représenté l’an passé 3 % des émissions liées à l’usage des bâtiments et 0,5% des émissions nationales. Elles sont imputables aux deux tiers à des usages professionnels, ce qui traduit la faible pénétration de ce type d’équipement dans les logements.

Élargir l’usage de la « clim » pèserait de façon marginale sur les émissions de gaz à effet de serre, surtout si on utilise des pompes à chaleur réversibles qui peuvent se substituer en hiver à du chauffage au gaz ou au mazout. Le principal impact négatif reste leur effet amplificateur sur les pics de chaleur à l’extérieur des bâtiments.

Industrie : baisse des émissions, hausse de la production

Avec -5,9% au premier trimestre, le recul des émissions de l’industrie s’est accéléré au premier trimestre. Ce recul n’est pas imputable à la conjoncture, l’indice de la production manufacturière ayant progressé de 1,5 % au premier trimestre.

 A l’exception des industries agro-alimentaires où production et émissions baissent de façon parallèle, on observe une baisse des émissions couplée à une hausse de la production dans les secteurs de la métallurgie et de la chimie. Cette déconnexion marquerait-elle l’amorce de la décarbonation de notre industrie ?

 Transport : une bonne surprise sauf pour l’aérien

La baisse de 3,8% des émissions liées au transport au premier trimestre reflète un recul de 4,2% de celles provenant du transport terrestre.

Ce recul n’est pas imputable au choc de la guerre du Golfe. Il devrait donc se poursuivre au second trimestre du fait de l’envolée du prix des carburants et d’une accélération du passage à l’électrique. Une inflexion qui pourrait présager l’amorce d’une inflexion plus durable vers la décarbonation des transports terrestres, de loin le premier poste d’émissions d’un secteur très en retard en matière de décarbonation.

Reste le point noir du transport aérien, en vive progression au premier trimestre, tant pour les vols domestiques (+6,4%) que sur les vols internationaux (+14,4%).

Et pour l’année 2026 ?

Le CITEPA n’assortit pas la publication de son premier baromètre d’émission de prévisions annuelles. Dans sa dernière note de conjoncture, l’INSEE anticipe une légère accélération de la baisse des émissions en 2026 (mesurées dans un périmètre légèrement différent incluant notamment les émissions du transport international).

Même si la forte baisse des émissions liées à l’usage des bâtiments n’est pas extrapolable sur l’année, l’analyse des émissions du baromètre laisse augurer une accélération de la baisse des émissions annuelles qui pourraient se situer dans la fourchette de -3 à 5 % si les signaux favorables sur le transport terrestre et l’industrie se concrétisent dans les trimestres à venir. Ce serait un net progrès sur les tendances historiques, mais encore insuffisant pour nous mettre sur la bonne trajectoire.

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  • Accéder au baromètre du CITEPA : ICI
  • Note de conjoncture de l’INSEE : ICI
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