Electricité dans le monde : plus de charbon et de CO2 en 2026

En 2026, 56 % de l’électricité encore d’origine fossile

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) vient d’actualiser ses perspectives du marché mondial de l’électricité, en intégrant les impacts de la guerre au Proche-Orient. Si la demande d’électricité est faiblement impactée par la hausse des prix du gaz et du pétrole, les émissions mondiales de CO2 du secteur électrique devraient repartir à la hausse en raison de la substitution gaz/charbon dans le secteur électrique et des conditions venteuses qui ont freiné l’éolien en Chine.

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Le blocage du détroit d’Ormuz n’a pas freiné la demande d’électricité

La demande d’électricité dans le monde devrait progresser de plus de 3,5% en 2026, après 3% en 2025, et s’accélérer en 2027 à près de 4%.

Si la demande a fléchi dans certains pays très dépendants du GNL comme le Pakistan ou le Bengladesh, elle s’est accélérée en Chine et surtout en Inde du fait de la demande de l’industrie, de la mobilité électrique et de la climatisation. Aux Etats-Unis et dans l’Union européenne, la demande devrait progresser d’environ 2% sous l’impact de l’électrification des usages et des besoins des data centers.

Les renouvelables devant le charbon en 2026

Le charbon et le gaz restent les deux premières sources de génération de l’électricité en 2026, totalisant avec le fioul 56% de l’offre mondiale. Sous l’impact du déploiement du solaire et de l’éolien, les sources renouvelables continuent à élargir leur contribution. Pour la première fois elles devraient dépasser le charbon en 2026. Autre première : le solaire dépasse l’éolien en 2026, devenant la deuxième source d’électricité renouvelable derrière l’hydraulique.

En 2026, la croissance de l’offre d’électricité solaire et éolienne approche les niveaux de 2025, malgré un ralentissement marqué en Chine, compensé par le dynamisme des autres producteurs asiatiques. Aux Etats-Unis, le déploiement de l’offre solaire et éolienne est pour l’heure peu affecté par les orientations de l’administration trumpienne qui freine cependant les nouveaux projets. Au sein de l’Union européenne, le solaire devrait croître de 13% en 2026 et de 15% en 2027, l’éolien avoisinant une hausse de 9%. D’après l’AIE, plus des trois-quarts de l’électricité de l’Union européenne devrait provenir des renouvelables et du nucléaire en 2027.

Source : AIE, Electricity Mid-Year Update 2026

Substitutions gaz/charbon en Asie et en Europe

Le dynamisme des renouvelables ne devrait pas couvrir l’intégralité de l’accroissement de la demande d’électricité en 2026. En l’absence de marge de progression pour le nucléaire, le solde sera couvert par des électrons d’origine fossile.

En raison du renchérissement du gaz provoqué par la fermeture du détroit d’Ormuz, ce solde sera globalement couvert par du charbon, plus compétitif que le gaz (sauf aux Etats-Unis). En 2026, l’AIE anticipe une reprise de 1,4% de la génération électrique à partir du charbon, principalement en Asie, avec une contribution majeure de la Chine et à un moindre degré de l’Inde. Dans l’Union européenne, la substitution gaz/charbon freinera la baisse initialement attendue de la génération d’électricité à partir du minerai.

Reprise des émissions de CO2 du secteur électrique

Plus de charbon pour fournir de l’électricité, c’est arithmétiquement plus de carbone fossile dans l’atmosphère. En conséquence l’AIE a dû réviser à la hausse ses prévisions d’émissions du secteur électrique qui devraient progresser d’un peu plus de 1% en 2026, après leur légère baisse en 2025. L’essentiel de la hausse provient des pays asiatiques où la substitution gaz/charbon a joué le plus. A contrario, les émissions devraient baisser aux Etats-Unis où la faiblesse du prix du gaz a au contraire détourné les producteurs électriques du charbon.

Cette révision haussière n’est évidemment pas de bonne augure pour la décarbonation du système énergétique. Pour que l’électrification des usages chasse les émissions de l’industrie, des transports et de l’usage des bâtiments, il est en effet impératif d’utiliser des électrons décarbonés. Si cette électrification est opérée avec des électrons issus de centrales à charbon, le remède pourrait être pire que le mal !

Source : AIE, Electricity Mid-Year Update 2026

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  • Consulter le rapport de l’Agence internationale de l’énergie : ICI
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