Trois messages aux négociateurs de la COP31

Chronique parue dans Les Echos du 27 octobre 2026

La COP31 se tiendra du 9 au 20 novembre en Turquie. Pour atteindre la cible de 1,5 °C de réchauffement planétaire visée par l’accord de Paris, le déploiement d’énergies renouvelables et le nouvel objectif d’électrification des usages qui sera discuté lors de la conférence seront loin de nous mettre sur la bonne trajectoire.

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Chaque année, le rapport « Emissions Gap » publié sous l’égide du Programme des Nations unies pour l’environnement fournit en amont de la COP un diagnostic sur l’écart entre les trajectoires effectives d’émissions de gaz à effet de serre et celles requises pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris. Pour les délégués qui vont se réunir début novembre à la COP31 en Turquie, le rapport de cette année comporte trois messages principaux.

La direction actuelle

Le premier est que la poursuite des politiques actuelles conduit à un réchauffement dans une fourchette de 2,6 °C à 2,8 °C à la fin du siècle, un peu plus élevé que celui estimé l’an passé. En cause ? L’intensité du backlash climatique aux Etats-Unis qui retarde la transition bas carbone du deuxième émetteur mondial.

Comment atteindre 1,5°C de réchauffement

Le second est qu’un dépassement de la cible de 1,5 °C, la plus ambitieuse de l’accord de Paris, est désormais inévitable d’ici 2050. Les auteurs du rapport ont donc établi un nouveau scénario permettant d’atteindre 1,5 °C à la fin du siècle. La nouvelle trajectoire minimise le dépassement à 1,7/1,8 °C durant les prochaines décennies, puis fait décroître la température pour rejoindre 1,5 °C en 2100.

Ce nouveau scénario de référence sera étudié plus en détail dans le septième rapport du GIEC. Pour l’atteindre, il faudra baisser bien plus rapidement les émissions à partir de 2030 que dans les scénarios sans dépassement précédemment étudiés. Il faudra surtout passer en régime d’émissions négatives après 2050.

Cela implique de maintenir la capacité d’absorption du CO2 atmosphérique par les puits de carbone naturels – forêts et océans à titre principal – et de les compléter par des techniques industrielles encore très coûteuses et dont les impacts écologiques n’ont pas toujours été évalués dans leur totalité.

Agir aussi sur la demande d’énergie

La troisième leçon est que les progrès très rapides en matière de déploiement d’énergies renouvelables permettent d’élargir l’usage de l’électricité et limitent bien les émissions de carbone fossile. Mais ils ne sont pas suffisants pour décarboner les économies au bon rythme. Il en sera de même du nouvel objectif de porter à 35 % la part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie en 2035 qui sera sans doute adopté à la COP31, sur proposition de la présidence turque.

Pour rejoindre la nouvelle trajectoire visant 1,5 °C à la fin du siècle, il ne suffit pas d’agir sur l’offre d’énergie. Il faut également modérer sa demande en chassant les gaspillages et les consommations superflues. En la matière, on en est resté au stade des intentions. L’objectif de doubler le rythme des gains d’efficacité énergétique, figurant pourtant dans la feuille de route des négociateurs depuis la COP28, est resté lettre morte. Tant que ce sera le cas, la cible de 1,5 °C restera hors d’atteinte.

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