Les émissions de gaz à effet de serre de la France (1990-2020)

Tous gaz à effet de serre (CO2+méthane+N2o+gaz fluorés) hors changements d’usage des terres

La publication cette semaine du rapport annuel du Haut Conseil sur le Climat et celle des données d’inventaire par le CITEPA (données SECTEN) sont l’occasion de revenir sur deux points : où en est le pays au regard des objectifs de réduction d’émission ? Comment évolue la composante transport qui en représente un bon tiers si on inclut les transports internationaux ?

Les informations rendues publiques cette semaine

Le Haut Conseil pour le Climat est une instance d’expertise créée au lendemain de la crise des gilets jaunes, pour évaluer et orienter la politique climatique du pays. Il a rendu public mardi dernier son diagnostic annuel qu’on peut résumer ainsi : « peut mieux faire ».

Le lendemain, le CITEPA a rendu public les dernières données de l’inventaire national des émissions de gaz à effet de serre : le thermomètre qui est utilisé pour mesurer les progrès de l’action en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire.

Liens pour accéder aux deux documents : Rapport HCC ; Données d’inventaire CITEPA

Où en sommes-nous au regard des objectifs de réduction d’émission ?

Pour nous aider à répondre à la question, je propose d’examiner le graphique ci-dessus montrant les émissions totales (hors changement d’usage des terres) de 1990 et 2020 et prolongeant le dernier point connu (2020) jusqu’en 2030. Je vois trois points clefs :

  • Depuis 1990, on discerne une rupture de tendance en 2005 : stagnation des émissions entre 1990 et 2005 ; baisse de 2005 à 2020 à un rythme voisin de 2 % l’an ;
  • Sur la période récente deux perturbations compliquent l’analyse : le contrechoc pétrolier de 2015 à 2017 concomitant à la reprise économique interrompt la baisse ; la crise sanitaire fait artificiellement chuter les émissions en 2020 (de 9% en première estimation).
  • La tendance 2005 à 2020 est en phase avec l’objectif (obsolète) d’une baisse de 40% à l’horizon 2030 (relativement à 1990). En revanche, elle ne permet pas d’atteindre le nouvel objectif de -55% obligeant désormais les membres de l’Union Européenne.

En résumé : il me semble que le débat doit d’urgence porter sur la façon dont on doit se mettre en formation pour atteindre -55% en 2030. (Rappelons qu’on discute au Parlement un loi reposant sur un objectif de -40% !).

Les émissions du transport : quelle mobilité demain ?

En intégrant les trajets internationaux, les émissions provenant du transport ont représenté un peu moins de 35% des émissions totales du pays en 2019. Un proportion qui n’a cessé de croître depuis 1990. Le transport routier en représente 80%, dont 56% pour les véhicules individuels et 42% pour le transport de marchandises.

En 2020, les émissions résultant du transport chutent de 20 % (-55% pour l’aviation internationale, -16% pour les transports routiers). Hors transports, les émissions reculent suivant une tendance proche de celle calculée sur la période 2005-2019.

Le recul de 9 % des émissions en 2020 résulte principalement des transports

En 2021, la remise en mouvement de la société rendue possible par le reflux du virus va provoquer un rebond des émissions du transport. Pour nous mettre en phase avec l’objectif de -55%, il faudra que ce rebond soit limité et qu’on ne retrouve pas la tendance antérieure.

De ce point de vue, les tendances à l’œuvre au sortir de la pandémie sont contrastées :

  • La pandémie n’a pas ralenti la course à l’électrification de l’industrie automobile et le plan hydrogène promet en Europe une accélération de la mobilité bas carbone ;
  • Les gains d’espace urbains dédiés aux pistes cyclables durant la pandémie n’ont pas été perdus avec le déconfinement ce qui favorise les mobilités douces ;
  • En revanche, les transports collectifs peinent à regagner leur part de marché, la voiture individuelle étant souvent vue (à tort) comme un moyen de locomotion plus sûr face au risque de résurgence du virus.

De cette analyse rapide, je retiens que : 1/ la maîtrise des émissions liées à la mobilité des hommes et des marchandises et un paramètre crucial pour viser -55% ; 2. Ceci implique plus d’innovations en matière d’usage des différents modes de transport et un équilibre différent entre transports collectifs et transports individuels.

Article rédigé le 01/07/2021

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