La COP à mi-parcours

D’après le bilan établi avant la conférence, les contributions nationales nous mettent sur le chemin du scénario intermédiaire du 6° rapport du GIEC

Si on jaugeait la réussite d’une COP au nombre de ses participants, Glasgow serait un énorme succès. La conférence a réuni pratiquement 10 000 participants de plus que celle de Paris en 2015. Mais ce n’est pas la bonne jauge. Les COP durent deux semaines. L’année en compte 52. C’est ce qui se passe entre les COP, soit plus de 96% du temps, qui compte vraiment pour l’action climatique.

Quand la conférence refermera ses portes, les délégués prendront le chemin du retour vers leurs pays respectifs. Qu’est-ce que la COP-26 aura pu changer ? Un point rapide à mi-parcours.

Une révision significative de l’ambition des contributions nationales serait une sorte de miracle. Avec le report de la conférence pour cause de COVID, les pays ont eu deux ans pour réviser ces contributions. Est-il raisonnable d’attendre qu’ils le fassent en une semaine ? On peut croire aux miracles. Il ne faut pas compter sur eux pour accélérer l’action climatique.

Restent deux points sur lesquels va se focaliser la négociation durant la dernière semaine. Ils seront assez déterminant pour la suite des négociations :

  • Les transferts de ressources vers les pays moins avancés. D’après le dernier bilan de l’OCDE, il manque 20 milliards de dollars pour atteindre la promesse des 100 milliards de dollars. Provisionner ses 100 milliards est une condition impérieuse pour intégrer les pays moins avancés dans les prochaines étapes de la négociation ;
  • Les mécanismes de tarification carbone (article 6). De tels mécanismes permettraient d’accélérer la sortie des énergies fossiles en rechérissant leurs coûts et en réorientant les flux financiers. Ils pourraient également constituer une source additionnelle pour crédibiliser l’engagement de transfert des 100 milliards de dollars.

Les discussions promettent d’être âpres dans ces deux domaines. Elles conditionnent largement la suite du processus de négociation et la possibilité de rehausser demain l’ambition des contributions nationales.

Parmi les nombreuses initiatives lancées durant la première semaine, celle sur le méthane est prometteuse. Elle restera d’une portée limitée si elle n’est pas rejointe par la Chine l’Inde et la Russie, les plus grands émetteurs de ce gaz dans le monde avec les Etats-Unis.

Enfin, on peut regretter que les enjeux agricoles ne soient pas plus présents dans les discussions. Durant la première semaine, l’indice FAO des matières de base agricole a encore progressé de 3%. Cette flambée des prix agricoles alerte sur la fragilité de la sécurité alimentaire, les impacts croissants du réchauffement et l’urgence d’accélérer la transition agroécologique.

Pour aller plus loin :

Voir dans l’abécédaire : C… Comme COP de Glasgow

Voir le site de la Convention climat : UNFCCC

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