Forêts et déforestation dans le monde en trois graphiques

Occupation de l’espace « habitable » : agriculture 50 % ; forêts 37 % ; espaces urbains 1%

Le site académique Our World in Data met en ligne un grand nombre de données, facilement accessibles. Il a publié cette semaine, sous la plume de Max Roser un excellent article sur la déforestation dans le monde. C’est l’occasion de faire un point sur l’occupation des sols de la Planète et les perspectives d’arrêt de la déforestation.

De la surface du globe à celle de l’agriculture, de la forêt et des villes

Les terres émergées ne représentent que 29 % de la surface du globe (graphique en haut de l’article). Les hommes ne peuvent occuper qu’environ 71% de ces terres émergées, le reste étant considéré comme stérile (déserts, rochers, …). Ces terres dites « habitables » sont consacrées pour moitié à l’agriculture et à l’élevage. Pour 37 %, elles sont couvertes de forêts. Les espaces urbanisés ou construits en constituent 1%.

Les hommes occupent directement une toute petite partie du globe. Si on rapporte les pourcentages figurant sur le graphique à la surface totale du globe voici les ordres de grandeur : l’homme occupe directement 0,2% de la surface totale du globe pour les villes et autres constructions. Il en utilise 10 % pour l’agriculture et l’élevage. Cela laisse 7,5 % de la surface totale du globe pour les forêts.

Ces proportions ont fortement évoluées depuis la fin de la dernière ère glaciaire, durant la période dite de l’Holocène.

Le recul de la forêt : une tendance lourde depuis 10 000 ans
La compétition entre l’agriculture et la forêt apparaît dès la fin de la dernière ère glaciaire

Les données sur les superficies forestières et agricoles ne sont connues avec précision que depuis la couverture intégrale du globe par l’imagerie satellite , soit quelques décennies. Les travaux des historiens et des paléontologues permettent cependant de donner des ordres de grandeurs qui ont été synthétisés par Our World in Data :

  • Le processus de grignotage de la forêt par l’agriculture et l’élevage démarre après la fin de la dernière ère glaciaire, avec la lente mutation de l’économie basée sur la chasse et la cueillette vers la domestication des animaux et la culture du sol.
  • En 1700, on estime que la forêt couvre encore 52 % de la surface « habitable », contre 57 % à la fin du dernier âge glaciaire. L’agriculture s’étend alors sur 9% de cette surface.
  • En 1900, on estime que les superficies agricoles sont passées à 24 % de la superficie « habitable ». Leur extension s’est effectuée en premier lieu au détriment des parcours et steppes sauvages et ensuite de celle de la forêt qui ne représente plus que 48% de cette superficie.
  • Depuis 1900, le processus s’accélère. En 2018, on estime que l’agriculture utilise un peu moins de 50 % de la surface « habitable », la place laissée à la forêt étant passée en dessous de 40%.

On notera enfin que les parts respectives des surfaces dédiées aux pâturages des animaux et de celles mises en culture semblent assez constantes dans le temps : en moyenne, les hommes cultivent un hectare pour deux hectares de prairies dédiés aux animaux.

La transition forestière et les perspectives de fin de la déforestation
Le pic de déforestation : années 80 pour les forêts tropicales, années 20-40 pour les forêts tempérées

Le troisième graphique tiré de l’article montre les gains et les pertes de forêt depuis 1700 en distinguant grossièrement la forêt tropicale et la forêt tempérée (les statistiques forestières récentes sont bien plus fines en dissociant notamment la forêt boréale de la forêt tempérée). Mais ce découpage grossier permet de distinguer trois périodes :

  • de 1700 à 1950, les pertes de superficie forestière vont croissantes, et touchent les deux catégories de forêts, tempérées et tropicales ;
  • De 1950 à 1990, la déforestation ralentit fortement dans les pays tempérés, mais s’accélère dans les pays tropicaux ;
  • Depuis 1990, les superficies s’accroissent dans les pays tempérés. Dans les pays tropicaux, le pic de déforestation semble avoir été atteint durant la décennie 1980. La déforestation tropicale n’a pas été interrompue, mais son rythme ralentit d’une décennie à l’autre.

La prochaine étape de la transition devrait être que les forêts tropicales atteignent également le point où gains et pertes de surfaces forestières s’égalisent. C’est ce que suggère le titre positif de l’article de Max Roser : Humans destroyed forests for thousands of years – we can become the first generation that achieves a world in which forests expand.

Je partage entièrement cette vision. Mais pour réaliser dans les temps cette transition, il convient d’accélérer massivement les actions de lutte contre la déforestation tropicale. L’action la plus déterminante sera le développement de méthodes de production agricoles basées sur l’agro-écologie. Ces méthodes permettent non seulement de contrer le fléau de la déforestation, mais également d’accroître la résilience des producteur face aux impacts du réchauffement planétaire et de lutter contre la grande pauvreté.

Lire l’article de Max Roser : we can become the first generation that achieves a world in which forests expand.

Lire la tribune d’Agrisud-International sur l’agro-écologie.

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