Bonjour 2023, au revoir 2022 !

A vous tous qui êtes abonnés, merci de votre fidélité et bonne année 2023 ! A ceux que je me suis permis d’inscrire à cette occasion, ce sera peut-être votre première visite. Un simple clic vous permet de vous désabonner. Que vous le fassiez ou pas, je vous souhaite également une très bonne année.

Entrer dans une nouvelle année, c’est l’occasion de porter à un regard à celle que l’on vient de quitter.

La guerre en Ukraine et ses effets dévastateurs

l’invasion de l’Ukraine a déclenché une guerre meurtrière, injuste, dont on ne voit pas l’issue. Les médias – c’est leur rôle – nous rapportent quotidiennement les opérations. Une sorte d’accoutumance s’est opérée, comme s’il s’agissait d’un jeu où on se demande qui, le premier, sera à court de munitions ou effectuera la percée décisive.

Le conflit ukrainien a mis en exergue la fragilité de la situation alimentaires mondiale. La lutte contre la malnutrition a fait considérablement reculer la faim entre 1960 et les années 2000. Ses résultats stagnent depuis le milieu des années 2010. Sur la période récente, la faim regagne du terrain. Malgré le déblocage des exportations de grains depuis Odessa, la guerre aggrave cette situation. Les chocs climatiques à répétition également : la perte de production de blé au Canada provoquée par les pics de chaleur et la sécheresse de 2021 équivaut à pratiquement un an d’exportation de blé ukrainien.

Autre indicateur alarmant : dans son dernier Energy Outlook, l’AIE rapporte les impacts désastreux du conflit sur l ‘accès à l’énergie : 75 millions de personnes privés de l’accès à l’électricité ; 100 millions contraintes de retourner à des systèmes de cuisson rudimentaires terriblement polluants et dangereux pour la santé. Ici encore, la guerre aggrave de multiples fragilités qu’avait, avant elle, générées le COVID dans les pays du Sud.

Les trois COP

Beaucoup de nos concitoyens ont découvert en 2023 que COP ne rimait pas exclusivement avec climat. En mai, la COP15 sur la désertification s’est réunie à Abidjan. Pour la première fois, elle a mis en exergue l’importance de l’accès des petits paysans au foncier pour lutter contre ce fléau. En décembre, la COP15 sur la biodiversité a débouché sur la perspective d’un élargissement massif des zones à protéger contre les emprises humaines, sur terre et encore plus sur mer.

Ces trois COP sont issues du sommet mondial de le Terre, organisé sous l’égide des Nations Unies en 1992 à Rio. Elles révèlent la grande interdépendance entre les problématiques environnementales mondiales. Le réchauffement climatique aggrave bien sûr la désertification. On n’enrayera pas le réchauffement global sans une action massive pour restaurer l’abondance du vivant.

Ce sera l’un des thèmes majeurs du prochain livre auquel je m’attèle en ce moment. Mais je ne vous en dit pas plus : rendez-vous à l’automne prochain !

Où en est-on en matière d’action climatique ?

En 2022, l’Office Météorologique Mondiale (OMM) a lancé une nouvelle alerte sur l’évolution du stock de méthane, le second gaz à effet de serre après le CO2. Sa concentration dans l’atmosphère augmente de façon vertigineuse en 2020 et 2021. Le phénomène ne résulte pas d’une augmentation des émissions. Il résulte d’une rétroaction climatique : le réchauffement amplifie les émissions naturelles dans les zones humides et les rizières. Il s’y ajoute les effets de la baisse des émissions d’oxyde d’azote qui, une fois dans l’atmosphère, éliminent le méthane.

Il faut prendre très au sérieux cette alerte de l’OMM. Sans une accélération massive de l’action sur les émissions de méthane, son stock atmosphérique risque de continuer à déborder et de contrarier les actions entreprises sur le CO2.

Le Global Carbon Budget a donné à l’automne sa traditionnelle estimation provisoire des émissions mondiales de CO2. Elles indiquent une augmentation supplémentaire de 1 % des émissions qui sont revenues au-dessus de celle prévalant avant l’apparition du COVID. Ces résultats sont décevants, même si les premières estimations sont susceptibles d’être revues en baisse. La dégradation de la conjoncture mondiale en fin d’année pèse en effet sur les émissions.

Les investissements dans les énergies renouvelables ont explosé en 2022 (sauf en France !). Malgré l’accroissement de la capacité de production d’énergie décarbonée, l’économie mondiale met bien trop de temps à réduire son addiction aux énergies fossiles.

La France, ses objectifs climatiques, son nucléaire

La France n’a pas encore traduit dans la loi l’objectif européen de réduction de 55% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Ce sera fait d’ici l’été, par l’adoption d’une loi de programmation climatique.

Grâce au baromètre du CITEPA, on dispose d’un indicateur permettant de suivre les émissions en cours d’année. Sur les trois premiers trimestres de l’année, les émissions sont quasiment stables. La cause majeure en est l’arrêt prolongé d’une partie du parc nucléaire qui conduit à utiliser plus de gaz pour produire de l’électricité. Hors secteur électrique, les émissions nationales ont reculé de 1,5%. Comme la remise en route des réacteurs est lente, le quatrième trimestre risque d’être mauvais ce qui nous éloigne de l’objectif de -55%.

Cette contreperformance pose des questions sur le nucléaire qui fait actuellement l’objet d’un débat public. Dans un régime démocratique, il serait souhaitable que l’exécutif soit à l’écoute de ce débat avant de trancher dans un sens ou dans l’autre. Je ne comprends pas le lancement d’un programme portant sur 6 nouveaux EPR avant qu’on connaisse les avis des citoyens et que le Parlement ait débattu de la question. Si vous voulez connaître ma propre opinion, vous la trouverez ici.

Les raisons de l’optimisme

Tout est loin d’aller pour le mieux dans le monde. C’est un évidence. Mais, il y a aussi de multiples raisons d’espérer. Partout, les crises climatiques, mais aussi sociales et économiques, déclenchent des initiatives de terrains. Emergeant grâce à des coalitions d’acteurs, elles sont porteuses d’innovations et d’optimisme.

Pour ma part, j’ai la chance d’être engagé dans deux associations qui travaillent dans cette direction : Langage & Intégration, pour l’inclusion des enfants souffrant de handicaps auditifs et du langage ; Agrisud International, pour l’agroécologie au service de la lutte contre la pauvreté au Sud. Le contact avec leurs équipe réinsuffle une dose d’optimisme. C’est grâce à eux que je ne crains pas de vous souhaiter, ainsi qu’à tous vos proches, une très bonne année 2023.

  • Sur l’impact de la guerre en Ukraine sur la situation alimentaire : ICI
  • Sur les trois COP : ICI
  • Sur les émissions de méthane : ICI
  • Sur les émissions de GES en France en 2022 : ICI
  • Mon analyse sur le nucléaire : ICI
  • Retour à l’accueil

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