
A partir des données provisoires pour 2025 calculées par l’OCDE et des documents budgétaires pour 2026, je viens d’actualiser la fiche « A… comme Aide publique au développement« , de l’abécédaire. Vous trouverez ci-dessous les points forts à retenir.
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Au début des années 2020, le total de l’aide publique au développement (APD) fournie par les pays de l’OCDE est remonté à 0,38% du revenu national en 2023. Un niveau jamais atteint depuis la fin des années 1960 (voir graphique de haut de page).
Remontée de courte durée : entre 2023 et 2025, l’APD a diminué de 28% en termes réels, rejoignant, en proportion du revenu national, son niveau le plus bas depuis vingt ans. Les experts de l’OCDE anticipent un nouveau recul de 6 % en 2026, ce qui ferait une perte d’un tiers du pouvoir d’achat de l’APD en trois ans.
L’onde de choc franchit l’Atlantique
Pour les trois quarts, la chute de 24 % de l’APD en 2025 provient de la division par 2,3 de l’aide fournie par les Etats-Unis. Sous la conduite de Donald Trump, le pays a mis au régime sec le financement des organisations de l’ONU dont les Etats-Unis étaient souvent le premier financeur. Ils ont également démantelé l’USAID, de loin la première agence d’aide au développement dans le monde, particulièrement active en matière de santé et d’aide humanitaire.
Pour la première fois depuis qu’existe une comptabilisation de l’APD (1961), les Etats-Unis n’ont pas été, en 2025, le premier fournisseur d’aide, passant au deuxième rang derrière l’Allemagne.
Les autres grands donateurs n’ont pas compensé ce trou d’air de l’APD, mais ont au contraire amplifié l’onde de choc. C’est notamment le cas des grands donateurs européens qui ont comprimé les aides bilatérales, en coupant dans les aides aux réfugiés (comptabilisés dans l’APD) et les programmes de coopération proprement dits.
Au total, la chute des aides bilatérales dans le monde a provoqué un recul de plus d’un tiers des aides aux réfugiés et de l’aide humanitaire et d’une quart de l’aide dirigée vers les pays moins avancés et l’Afrique sub-saharienne.

France : le rabot budgétaire
En 2025, la France s’est situé au 11e position dans le classement des pays donateurs à partir du ratio APD/Revenu national. Elle figure encore parmi les pays consacrant une part plus élevé que la moyenne de son revenu à l’aide au développement. Mais les tendances récentes sont inquiétantes. Les budgets de l’APD subissent des coups de rabot à répétition depuis 2023, sans doute parce qu’ils sont indolores à court terme pour la grande majorité des électeurs.

Le graphique ci-dessous retrace l’évolution depuis 1970 de l’APD française exprimée en % du revenu national. Il révèle le tête à queue opéré durant la dernière décennie :
- Sous le premier mandat d’Emmanuel Macron, l’APD s’est rapidement redressée, passant de 0,43% du revenu national en 2017 à 0,57% en 2022.
- Le chemin inverse a été opéré depuis 2022, l’APD étant retombée à 0,42 % du revenu national en 2025, d’après les premières estimations de l’OCDE.
La loi de finances pour 2026 prévoit un nouveau coup de rabot budgétaire affectant les moyens dédiés à la « Mission Aide Publique au Développement », qui regroupe notamment les principaux financements budgétaires de l’Agence française de développement. Les moyens de cette mission, en recul depuis 2022, y sont à nouveau rabotés d’un peu plus de 700 millions d’euros, soit une baisse de 16 % en valeur nominale.

Compte tenu de ces informations, nous estimons que l ‘APD de la France, au sens de l’OCDE, est susceptible de reculer de quelque 10% en valeur en 2026, ce qui la porterait aux alentours de 0,37% du revenu national en 2026. Un retour vingt ans en arrière !
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- Voir la fiche complète A… Comme Aide publique au développement : ICI
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