Le 1,5°C imminent !

Le Key indicators of global climate change (IGCC), produit par un consortium international de chercheurs, permet d’actualiser les grandeurs clefs sur l’évolution du réchauffement planétaire entre deux rapports d’évaluation du GIEC. D’après ses auteurs, la cible d’un réchauffement de 1,5 °C a désormais de fortes chances d’être atteinte d’ici 2030. Retour sur cette publication clef.

Le réchauffement observé

Sur les trois dernières années 2023 à 2025, la planète a connu une saute exceptionnelle de température. D’après COPERNICUS, le programme européen de recherche sur le climat, un tel saut n’a que deux précédents historiques depuis qu’existent les relevés de température (graphique) :

  • durant l’épisode El Niño, d’une intensité exceptionnelle, de 1877-1878 ;
  • entre 1940 et 1945.

Les comparaisons sont cependant fragiles car les relevés de températures étaient encore lacunaires au XIXe siècle et ont été fortement perturbés durant la seconde guerre mondiale.

Sur la période récente démarrant en 1990, année de publication du premier rapport du GIEC, de telles incertitudes sur la mesure de la température mondiale n’existent plus. La tendance à la hausse du thermomètre ne fait plus aucun doute : entre 1990 et 2025, elle ressort à 0,23°C par décennie. Si cette tendance se prolongeait, on atteindrait un réchauffement de 1,5°C en 2032 et de 2°C en 2053.

L’analyse statistique suggère cependant que la tendance du réchauffement s’est accélérée. Calculé sur la période 1970 à 2025, elle ne serait que de 0,2°C par décennie, mais s’élèverait à 0,29°C entre 2015 et 2025. A tendance inchangée, la ligne de 1,5°C serait, dans ce dernier cas, atteinte dès 2029 et les 2°C avant 2050.

Bien entendu, la simple estimation statistique d’une tendance historique ne présage pas de l’avenir. Pour anticiper l’avenir, il faut identifier les causes du réchauffement et les moyens d’action à mettre en œuvre pour le freiner. C’est précisément ce que fait le rapport IGCC.

Le diagnostic de l’IGCC : les facteurs anthropiques et les autres

Dans son rapport, l’IGCC reprend la méthodologie du 6° rapport d’évaluation du GIEC qui permet en premier lieu de distinguer le facteurs anthropiques du réchauffement. Sur la décennie récente, l’IGCC estime la tendance du réchauffement anthropique à 0,27°C par décennie, pour une tendance de 0,30°C par décennie pour le réchauffement global. Les facteurs non anthropiques peuvent renvoyer à la variabilité du système climatique, mais aussi à l’affaiblissement des puits de carbone naturels.

Parmi les facteurs anthropiques, les émissions de gaz à effet de serre se sont maintenues à un niveau élevé sur la période récente, en dépit du ralentissement des émissions de CO2. Les émissions de méthane n’ont en particulier pas connu de ralentissement similaire à celui observé pour le CO2.

Mais il faut également tenir compte de la baisse des rejets d’aérosols, en particulier de ceux de souffre du fait du durcissement des règlementations sur les pollutions du transport maritime et celles des centrales thermiques en Chine. Cette baisse des rejets d’aérosols dans l’atmosphère a un impact rapide sur le réchauffement. Il est l’une des causes principales de l’accélération observée du réchauffement sur la période récente.

En partant de ce triple constat le rapport IGCC indique qu’au rythme actuel, les facteurs anthropiques conduiront à atteindre le 1,5°C d’ici 2030. Raison de plus pour mettre en œuvre les moyens d’action pour quitter la tendance observée.

Ces moyens ressortent clairement à la lecture du rapport : ne pas simplement freiner, mais désormais diminuer les émissions de CO2 ; accorder une place bien plus important à la réduction des émissions de méthane dont l’impact est plus rapide sur le thermomètre et pourrait atténuer l’effet de réchauffement provoqué par la baisse des émissions de polluants locaux ; renforcer la protection des puits de carbone naturels.

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Tableau annexe :

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  • Consulter le rapport Key indicators of global climate change : ICI
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