La neutralité carbone selon l’Agence Internationale de l’Energie

Comment on arrive au monde ZEN (Zéro Emissions Nets) avec l’AIE

Neutralité climatique et neutralité carbone, est-ce la même chose ? Quels liens y a-t-il avec la compensation carbone ? Que nous dit le récent scénario « Net Zéro » de l’Agence Internationale de l’Energie ? Autant de questions que vise à éclairer la nouvelle entrée Neutralité climatique dans notre abécédaire.

En mai 2021, l’Agence Internationale de l’Energie a rendu public un scénario conduisant le système énergétique mondial à la neutralité carbone en 2050. Ce rapport, publié quelques mois avant la conférence climatique de Glasgow, recommande de cesser tout investissement de capacité dans le pétrole et le gaz d’origine fossile : une petite révolution pour une organisation créée au lendemain du premier choc pétrolier pour faciliter la continuité des approvisionnements en hydrocarbures !

Pour que le monde soit ZEN en 2050, le scénario implique une réduction des émissions brutes d’origine énergétique à 7,7 Gt en 2050, soit un montant proche des émissions cumulées des Etats-Unis et de l’Union Européenne en 2019. Sur ces 7,7 Gt rejetées par les énergies fossiles et les process industriels, 5,3 Gt sont retirées de l’atmosphère grâce au déploiement de techniques de captage artificiel. Les 2,4 Gt résiduelles sont capturées par deux voies : le captage direct du CO2 de l’atmosphère (1 Gt) et celui du CO2 émis par des installations fournissant de la bioénergie (1,4 Gt).

Le scénario de l’Agence met-il automatiquement le monde en situation de neutralité climatique ? Ce n’est pas certain. Tout dépend de deux paramètres :

  • Le scénario est explicite sur le captage et le stockage du CO2 par des procédés industriels. Mais quid de celui du milieu naturel ? Le scénario repose sur un développement accéléré de nouvelles bioénergies considérées comme neutres car on suppose que les prélèvements accrus de biomasse n’affaibliront pas la capacité de la biosphère à capturer le carbone. Mais en est-on sûr ? On ne peut pas à la fois brûler les plantes pour produire de l’énergie et compter sur leur croissance pour absorber le CO2 de l’atmosphère.
  • L’autre inconnue majeure est la trajectoire d’émission du méthane et du protoxyde d’azote, les deux principaux gaz à effet de serre que nous rejetons, après le CO2. Leur première source d’émission est l’agriculture. Ici encore, les travaux de l’Agence ne permettent pas de savoir à quelles conditions ces émissions baissent suffisamment vite pour viser le neutralité climatique au sens de l’Accord de Paris.

Dans les deux cas, c’est donc le « carbone vivant », celui que nous rejetons ou absorbons suivant la façon dont nous utilisons le sol pour l’agriculture et la forêt qui constitue l’angle mort de la neutralité carbone selon l’Agence Internationale de l’Energie.

Voir N… Comme Neutralité Climatique

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